Malgré le titre et le synopsis, « The American » n’a pas vraiment l’air d’un film de genre produit par Hollywood : pas de scènes d’action sanglantes tournées au ralenti, pas de duels à la mexicaine, pas de poursuites sur les autoroutes qui finissent par détruire la moitié d’une ville. Tout ça est dû au fait que « The American » n’est pas un film américain. Il s’agit en réalité du deuxième long métrage de l’ancien photographe hollandais Anton Corbijn, qui est passé au cinéma en 2007 avec « Control ». Voulant changer de style, le réalisateur a repris un roman de Martin Booth (adapté par Rowan Joffe, fils de Roland Joffé et coscénariste de « 28 semaines plus tard ») pour faire un thriller très sombre et, d’une certaine manière, spirituel, avec plus d’attention sur la psychologie des personnages que sur les séquences typiques du genre. Et c’est là qu’entre en jeu l’américain du titre, George Clooney, qui, comme Corbijn, est toujours à la recherche de quelque chose de plus profond dans ses projets. Dans ce cas, il aura certainement aimé l’idée de jouer un tueur à gages qui, après un job qui a couté la vie à sa copine, décide de prendre sa retraite, mais seulement lorsqu’il aura terminé un autre travail. Ce qui l’amène dans un petit village du sud de l’Italie, où il découvre de nouveaux aspects de la vie à travers des conversations avec un prêtre (Paolo Bonacelli) et une histoire d’amour avec une prostituée (Violante Placido, fille de Michele).

Selon le réalisateur lui-même, « The American » est un Western contemporain, élément qui est assez évident dans la construction du personnage principal qui, comme Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone, n’a pas de vrai nom, et dans le rôle du prêtre, incarnation du côté spirituel du récit qui amène à des discussions intéressantes sur l’âme humaine mais qui finalement devient trop prévisible pour nous convaincre jusqu’au bout. Ceci dit, on a à faire à un film solide et captivant, contenant un bon mélange de suspense, humour et émotion, notamment grâce à Clooney qui, après le délirant « Les chèvres du Pentagone », fait son retour à ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire jouer un personnage sans recourir gratuitement à son charme typiquement hollywoodien, surtout dans les scènes qu’il partage avec Violante Placido, actrice très douée quand il s’agit du bon rôle et du bon film (ce qui n’a pas toujours été le cas dans sa carrière). Autre aspect notable, l’utilisation d’un paysage italien anonyme mais extrêmement beau, qui est beaucoup plus charmant que l’image stéréotypée qu’on a pu voir, il n’y a pas si longtemps, dans le médiocre « Mange Prie Aime » de Ryan Murphy.

The American
De Anton Corbijn
Avec George Clooney, Violante Placido, Paolo Bonacelli, Thekla Reuten
Distribution : Elite
Sortie le 27/10/10

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