« Hereafter » est – enfin, j’espère que c’est ce qu’il est en deux mots l’histoire de trois personnes de différentes nationalités (française, anglaise et américaine) et de leur vie par rapport à l’au-delà – l’ « hereafter » en anglais.

Ce n’est pas possible de considérer « Hereafter » comme le dernier chef d’œuvre du grand Clint Eastwood. Ce film n’a pas les qualités pour être considéré comme tel. En effet, il n’a pas le trait fondamental qui caractérise la beauté de tous les films d’Eastwood des années 2000 jusqu’à aujourd’hui : une histoire simple mais précise et bien développée sans ajouter de garnitures fourvoyantes. C’est l’idée qui a permis au vieux cinéaste de réaliser des grands films simples sur des grands thèmes compliqués de la vie humaine. Par exemple, on voit bien que « Million Dollar Baby » (2004) illustre la violence de la vie avec la métaphore du ring ; ou le diptyque « Flags of our Fathers » (2006) / « Letters from Iwo Jima » (2007), qui montre la guerre par deux points de vue différents – dans tous les sens – dans le même lieux, l’île japonaise de Iwo Jima ; ou encore « Gran Torino » (2008), dans lequel on discute le thème du racisme vs. tolérance dans le jardin de Walt Kowalski. On pourrait aussi citer le significatif « Invictus » (2009), qui joue l’unité d’une nation sur le terrain de rugby de Johannesburg.

Cependant, l’union avec le scénariste anglais Peter Morgan – auteur du très beau « The Queen » réalisé par Stephen Frears – semble avoir produit presque le contraire. Finalement, on ne comprend pas bien si l’histoire de fond est simple ou pas, car elle est « enterrée » par la grande quantité de fioritures : des thèmes secondaires introduits – mais presque jamais conclus – pendant le récit. De fait, le spectateur semble avoir lui-même des visions imprécises de l’au-delà : une délation sur le groupe familial, la beauté, l’amour et l’amour trompé, la fraternité, le fort esprit capitaliste américain, en plus d’un « soufflement » sur le tsunami et ses conséquences sociales, le pouvoir de la télévision et de la publicité, etc. Comme le personnage Marie LeLay au tout début du film, on est frappé par une vague d’informations et finalement on ne sait plus où se cramponner. Je ne vois pas du tout ça comme la touche du maître Clint Eastwood.

Néanmoins, on peut admirer une toujours très bonne photographie de Tom Stern, de même que le montage de Joel Cox et Gary D. Roach. Admirable aussi l’interprétation des deux jumeaux Frankie et George McLaren en symbiose parfaite avec la grisaille de Londres.

Allez le voir quand même, mais ce n’est pas l’Eastwood à voir absolument.

« Hereafter » (Au-delà)

de Clint Eastwood

avec Matt Damon, Cécile de France, Frankie McLaren, George McLaren, Claire Price, Marthe Keller, Bryce Dallas Howard.

Warner Bros. Pictures

Sortie le 19/01/2011

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