« Somewhere », film réalisé par Sofia Coppola, est en deux mots l’histoire d’une star du cinéma en crise, Johnny Marco (Stephen Dorff), qui retrouve le bonheur avec l’aide de sa jeune fille, Cleo (Elle Fanning, sœur de Dakota), dont il avait presque oublié l’existence. La pellicule a gagné le Lion d’Or au dernier Festival de Venise : la presse italienne l’a souvent vu comme un petit cadeau de la part de Quentin Tarantino (président du jury 2010) à son ex-copine Sofia Coppola. Mais on se fiche du Lion d’Or, de la presse italienne et de Tarantino : on va voir ce qu’est « Somewhere ».

Tout d’abord, il faut noter le travail précis qu’on a fait au niveau de l’image et du montage. En effet, on crée un « sentiment de simplicité » qui est le point central dans le message du film. Les images sont plutôt « brutes », avec peu de correction au niveau des couleurs, et se détachent justement du kitsch de « Virgin Suicides » (1999) et de l’avant-dernier « Marie Antoinette » (2006). Le montage est ponctuel et efficacement essentiel ; les scènes pathétiques de « travail » de Johnny Marco sont coupées soudain, pendant leur démarche, tandis que les scènes de Johnny Marco père se terminent justement avec un fondu noir. Ainsi, on focalise l’attention sur la relation centrale du film, celle du père et de la fille. En résumant, de telles images et un tel montage n’exaltent pas la vie de succès de Johnny Marco, au contraire, ils créent un contraste en soulignant comment le succès est très souvent la route pathétique vers « nowhere ». Dans ce contexte s’insère bien le choix de Stephen Dorff comme acteur principal. En effet, malgré sa carrière plutôt active notamment entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, on l’avait un peu oublié car il n’apparaissait dernièrement que dans des rôles secondaires presque invisibles (Homer Van Meter dans le récent « Public Enemies » de Michael Mann). À ce propos la phrase « I’m fucking nothing ! » que Johnny Marco dit à son ex-femme, est probablement plus efficace si prononcée par un Stephen Dorff que par le Johnny Depp de service. Ces points positifs du film sont aussi son problème, ou bien le fait que Coppola n’ait rien inventé mais il semble qu’elle ait décalqué (un peu trop), avec des couleurs différentes, le dessin du réussi « Lost In Translation ». À côté de l’image et du montage, on aperçoit une similitude au niveau des faits racontés : le personnage célèbre en crise se sent perdu et seul sur  terre, ensuite il retrouve le bonheur grâce à sa fille, elle-même dans une situation de solitude. C’est donc à cause de ce « déjà-vu » que le film de Sofia Coppola perd une grande partie de ses points.

Il reste quand même un film à voir et qui met bien en évidence (mais cela est mieux fait dans « Lost In Translation ») la route vers le bonheur de la vie quotidienne, vers « somewhere » : un parcours qu’on doit chercher dans les choses simples.

« Somewhere »

de Sofia Coppola

avec Stephen Dorff, Elle Fanning, Chris Pontius, Michelle Monaghan, Simona Ventura.

Pathé

Sortie le 05/01/11

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