« The King’s Speech » est – en trois mots – un film fantastique. L’histoire vraie du roi Georges VI d’Angleterre (Colin Firth) – père de la reine actuelle – qui travaille avec le logopédiste Lionel Logue (Geoffrey Rush), afin de surmonter son grave bégaiement et améliorer ses prestations lors des discours publics.

Pour décrire le bon travail qui caractérise « The King’s Speech », il faut jeter un coup d’œil sur les piliers qui composent ce film.

Tout d’abord, il faut remarquer le très bon scénario de David Seidler (« Tucker : The Man and His Dream »), sans « trous » ; justement linéaire – politique en arrière-plan, malgré la deuxième guerre mondiale très proche – en se concentrant simplement  sur le rapport humain entre docteur, roi – qui finalement reste le cher Bertie même pour le spectateur – et le microphone, symbole du discours. À ce propos, il faut aussi souligner comment les répliques ne sont jamais didactiques, mais en rapport amoureux avec les images et surtout l’ambiance – exemplaire à ce but la scène de l’invitation à dîner ensemble faite au roi par la femme du docteur.

Un autre pilier du long-métrage est naturellement le casting, d’une habileté extraordinaire. On admire particulièrement un grand Colin Firth et un encore plus grand Geoffrey Rush – aussi producteur exécutif – qui vole souvent la scène au roi Firth, notamment vers la fin. En effet, Rush révèle son personnage d’une nature extrêmement ambiguë car on ne comprend pas s’il fait tout ça pour aider un homme ou aider le roi en alimentant sa gloire personnelle. Très bien pour le reste du casting, dont on peut apprécier une Helena Bonham Carter drôle , un évêque de Westminster bigot au juste moment joué par Derek Jacobi et l’intéressant Winston Churchill de Timothy Spall.

Les personnages sont très bien « capturés » par une photographie efficace de Danny Cohen (« This is England »). En effet, c’est à travers le travail de caméra que l’on voit le rapport entre les deux personnages principaux se fixer – notamment  avec l’ « ajustement » du champ/contre-champ pendant les dialogues entre les deux. De plus, les déplacements de caméra caractérisent bien le microphone et sa transformation, dès le piège du début jusqu’au défi final.

Malgré que de telles images soient montées d’une façon plutôt classique, le travail du monteur Tariq Anwar (« American Beauty ») se révèle intéressant quand même, puisqu’on alterne quelques scènes clé de l’amélioration chez le docteur avec celles du discours public, pendant lequel le problème ne semble pas du tout s’améliorer. Par conséquent, on comprend comment le docteur apprend au roi à « discuter » de et dans sa vie privée d’abord.

« The King’s Speech » est donc un très bon travail d’équipe dont le réalisateur anglais Tom Hooper (« Red Dust » et « The Damned United ») a été un bon chef. Il maintient une simplicité de fond sans sortir de la triade docteur-roi-microphone et n’a rien à envier à « The Queen » (2006) par le couple Stephen Frears-Peter Morgan.

Bonne chance pour les Oscars.

Je répète : c’est à voir absolument, un film produit par UK Film Council – malheureusement supprimé par le gouvernement de David Cameron l’année passée.

« The King’s Speech » (Le Discours d’un Roi)

de Tom Hooper

avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter, Derek Jacobi, Timothy Spall, Guy Pearce.

Ascot Elite

Sortie le 02/02/11

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