Voici le genre de film qui arrive fortement recommandé: non seulement a-t-il été élu meilleur film du Sundance Festival de l’année passée, mais il vient tout récemment d’obtenir quatre nominations aux Oscars (sans gagner, mais peu importe), dont celles pour le meilleur film (encore) et la meilleure actrice. Bien sûr, cela n’est pas toujours une garantie – je fais partie de ceux qui ont assez détesté « 127 heures » de Danny Boyle, et je ne trouve pas que « Black Swan » soit le chef-d’œuvre, ou presque, de Darren Aronofsky (même s’il reste très intéressant). Dans le cas de « Winter’s Bone », par contre, le hype est entièrement justifié, car il s’agit d’une œuvre majeure dans le panorama du cinéma indépendant américain (enfin, le vrai cinéma indépendant, pas les films étiquetés comme tels malgré un budget et un casting plutôt impressionnant, comme dans le cas de « Black Swan », justement).

Le cœur de l’histoire, adaptée d’un roman de Daniel Woodrell, est le personnage de Ree Dolly (Jennifer Lawrence), qui vit dans la région de Ozark Mountain (Missouri), et doit s’occuper du reste de sa famille – frère et sœur plus jeunes, mère invalide – pendant que son père passe la plupart du temps en prison. Lorsque ce dernier disparaît, ce qui pourrait mener à la perte de la maison, Ree décide de le retrouver, mort ou vivant, bien que la plupart des habitants de la zone – tous plus ou moins impliqués dans des activités illégales – lui conseillent de laisser tomber l’affaire, surtout si elle veut rester en vie.

Décrit comme un country western par la réalisatrice Debra Granik, « Winter’s Bone » contient plusieurs éléments qui rappellent le genre cinématographique américain par excellence: l’atmosphère d’un autre temps, une société sans vraies lois, la violence prédominante dans la vie quotidienne. En plus, on retrouve deux acteurs de la série western « Deadwood », à savoir Garret Dillahunt (le shérif) et John Hawkes, qui a été nominé pour l’Oscar du meilleur second rôle masculin (il joue l’oncle cynique et ivrogne de Ree). Et c’est surtout le jeu des acteurs qui donne à ce film, brutal mais très beau, sa force émotionnelle, incarnée parfaitement par le travail remarquable de Lawrence, très jeune (elle a juste vingt ans) mais déjà un des talents les plus prometteurs de ces dernières années (elle a même gagné un prix pour les acteurs débutants à Venise en 2008). Et s’il y a quelqu’un qui veut savoir où est passée Shery Lee (Laura Palmer dans « Twin Peaks »), ce film donne la réponse à ça aussi.

Winter’s Bone

De Debra Granik

Avec Jennifer Lawrence, Garret Dillahunt, John Hawkes, Sheryl Lee

Distribution: Frenetic

Sortie le 02/03/11

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