C’était en 2000 que nous avions vu Sidney Prescott (Neve Campbell) et son adversaire, le tueur Ghostface (doublé en VO par Roger Jackson), pour la dernière fois, lors de la sortie de « Scream 3 », un film médiocre qui sentait la fatigue au niveau de l’écriture et de la mise en scène, et une conclusion assez décevante pour la série créée par le réalisateur Wes Craven et  le scénariste Kevin Williamson (remplacé par Ehren Kruger pour le troisième épisode). En 2011, soit quatorze ans après la sortie du premier « Scream », ils sont de retour pour un quatrième chapitre dont peu de gens sentaient vraiment le besoin. Après tout, est-ce qu’il y a encore des choses à dire sur le pitoyable état courant du cinéma d’horreur aux États-Unis, quand même des maîtres reconnus comme John Carpenter et Craven lui-même ne sont plus à la hauteur de leurs meilleures années?

Or, dans l’univers diégétique de « Scream », Ghostface a effectivement disparu, jusqu’à ce que de nouvelles victimes répondent au téléphone au mauvais moment. En même temps, Sidney est de retour à Woodsboro pour parler d’un livre qu’elle a écrit à partir de ses expériences dans les films précédents. Naturellement, elle devient la cible du tueur, tout comme le shérif Dewey Riley (David Arquette) et la journaliste Gale Weathers (Courteney Cox), à savoir les autres survivants de la trilogie originale. Et bien sûr, il y a plein de jeunes – y compris la cousine de Sidney, Jill (Emma Roberts) – qui connaissent bien le cinéma d’horreur et sont prêts à défier le psychopathe.

Quoi de nouveau? Pas grand-chose, mais c’est justement ça qui fait la réussite de ce quatrième volet. Puisque le genre a été détruit par les remakes et le « torture porn », sans parler du premier « Scary Movie » qui se moquait justement de « Scream », le seul choix qui reste pour Craven et Williamson est de souligner l’aspect comique et le second degré, avec des phrases comme « l’inattendu est le nouveau cliché », les « règles du remake » et la séquence d’ouverture, un petit chef-d’œuvre de méta-cinéma. La structure même du film est une mise en abîme du nouveau cinéma d’horreur, puisque les situations et les personnages de « Scream 4 » sont construits comme si c’était le remake du premier « Scream », bien que, pour nous spectateurs au moins, il s’agît clairement d’une suite.

Mais attention, il n’y a pas que de la comédie et de l’auto-référence (en fait, cette dernière se transforme presque en parodie dans la dernière partie du film). Le domaine de Craven reste l’horreur, et après une décennie plutôt oubliable, il livre des moments de suspense et de gore qui sont de petits tours de force. Cette énergie retrouvée n’est pas forcément nécessaire pour justifier une deuxième trilogie (à moins qu’ils ne s’attaquent à la 3D, ce qui serait bien marrant), mais dans une période où les vrais films d’épouvante sont beaucoup trop rares, on constate avec plaisir que ceci est le meilleur « Scream » après le premier.

Scream 4

De Wes Craven

Avec Neve Campbell, Emma Roberts, David Arquette, Courteney Cox, Mary McDonnell, Hayden Panettiere, Rory Culkin

Distribution: Ascot Elite

Sortie le 13/04/11

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*