Quatrième (et dernier?) opus de la saga « Pirates des Caraïbes », La Fontaine de Jouvence nous amène tout d’abord à Londres, où l’on retrouve le capitaine Jack Sparrow (Johnny Depp) aux prises avec le roi d’Angleterre. Ce dernier, apprenant que les Espagnols ont mis la main sur des documents leur permettant de retrouver la fameuse Fontaine de jouvence de Ponce de León, veut forcer Jack – qui possède la carte menant au trésor de jeunesse – à faire équipe avec le Capitaine Barbossa (Geoffrey Rush), celui-ci ayant retourné sa veste et prêté allégeance à la couronne britannique. Jack refuse et parvient à s’enfuir, mais se retrouve entre les charmantes mains d’Angelica (Penélope Cruz) sur le navire de Barbe Noire (Ian McShane), en route pour la Floride.

Les trilogies, c’est bien. Prenez Le Parrain, Millenium, Star Wars (je parle bien sûr de la première trilogie, la seule qui en vaille la peine à mes yeux) et Indiana Jones par exemple. Trois ça fonctionne. Quatre, c’est trop – les dernières aventures du professeur Jones le prouvent: arrive un moment où le concept s’essouffle (et pas seulement parce que l’acteur principal se fait vieux!). Dans le cas de Pirates des Caraïbes, force est de constater que la machine à faire des sous ne sert vraiment plus qu’à ça. On table sur la notoriété des épisodes précédents, on garde quelques ingrédients principaux et on repart pour un tour.

Sauf que là, à part Sparrow, Barbossa et Gibbs (Kevin McNally), la sauce s’est tellement diluée que ça manque de piquant. Exit le couple Knightley/Bloom (Elizabeth et Will), exit les deux larrons désopilants (Pintel et Ragetti, joués par Lee Arenberg et Mackenzie Crook) et Cotton et son perroquet – même le Pearl a disparu, remplacé par La Revanche de la Reine Anne, pâle copie du fabuleux Hollandais Volant de Davy Jones. Dans le cas du couple mièvre, on peut se dire que c’est plus agréable sans eux – même s’ils ajoutaient à leur manière une composante drôlatique et du plaisir pour les yeux. Les voilà remplacés par une Penélope Cruz  insipide qui peine à relever le défi mais qui pourtant se tape la meilleure part du gâteau puisqu’elle joue la seule femme que Jack Sparrow ait jamais aimée – avec la seule scène hilarante du film, qu’il faut attendre deux heures puisqu’elle arrive dans les cinq dernières minutes.

Vous l’aurez compris, La Fontaine de Jouvence est beaucoup moins drôle que ses prédécesseurs. Beaucoup plus sombre aussi. Peut-être est-ce du à la 3D, particulièrement inutile dans ce film, même s’il a été filmé avec des caméras spéciales. L’histoire est bateau – c’est le cas de le dire! -, les personnages peu intéressants: Jack a perdu de sa folie, Angelica peine à apporter quelque chose au film, le nouveau couple (un homme de foi et une sirène) est encore plus écœurant que l’ancien, Barbossa est devenu gâteux et le grand méchant, Barbe Noire, fait plus pitié que peur.

Pourtant, j’ai quand même passé un moment agréable! Si si! Même si je déplore l’absence de ce qui pour moi faisait tout le charme de la saga – les personnages drôles, les charismatiques et le grain de folie de Jack, développé au possible dans l’excellente scène de Jusqu’au bout du monde, quand il veut manger sa cacahuète et se retrouve avec une pléthore de doubles tous plus timbrés les uns que les autres! -, il me faut admettre que côté batailles et paysages, il y a de quoi se faire plaisir! La scène où Jack s’échappe du palais royal (il fait un sacré skate-boarder, ou plutôt calèche-boarder !!!), celle où il se retrouve face à un usurpateur qui se fait passer pour lui, la fin de la scène de mutinerie, les paysages sublimes de l’île au trésor, la fontaine de jouvence elle-même, et surtout les cinq dernières minutes du film: rien que ça, ça vaut presque la peine de dépenser ses sous pour ce blockbuster hollywoodien.

A noter que la raison pour laquelle ce quatrième opus m’a moins plu que les trois premiers tient peut-être du fait que Gore Verbinski a lâché les commandes au profit de Rob Marshall, plus connu pour ses comédies musicales (Nine, Chicago) et le sublime Mémoire d’une Geisha: on retrouve sa patte visuelle, mais son style colle moins à la rugosité et l’humour qu’on attend d’un Pirate. Heureusement qu’on peut compter sur la musique de Hans Zimmer, fantastique, comme toujours.

Là encore, quand on a une équipe gagnante, il vaut mieux s’arrêter sur un succès que changer pour essayer tant bien que mal de se faire plus de sous.

 

Pirates de Caraïbes: La Fontaine de Jouvence

de Rob Marshall

avec Johnny Depp, Penélope Cruz, Geoffrey Rush, Ian McShane

Walt Disney Pictures

sortie le 18/05/11

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