Les films de superhéros ont fait un tabac ces dernières années. Avec entre autres Hulk, Batman, les Quatre Fantastiques, Spiderman, les X-Men, Iron Man et Thor, on a eu de quoi s’en mettre plein les mirettes. Mais apparemment, les aventures de ces héros hors du commun ne suffisaient plus au public international. Ce que les gens voulaient savoir, c’est comment tout à commencer. En lieu et place des habituels « sequels » (suite des films déjà faits) s’est lancée une mode des « prequels » (ce qui se passe avant le premier film sorti), avec notamment Batman Begins en 2004 et Superman Returns en 2005 (j’aimerais oublier X-Men Origins: Wolverine en 2009, mais j’ai de la peine…). Il était donc tout naturel, avec le succès qu’a eu la saga X-Men, que l’on s’intéresse de plus près au commencement de l’histoire entre les deux personnages qui ont créé cette ligue de mutants aux super pouvoirs.

C’est ainsi que l’on retrouve Charles Xavier (James McAvoy), jeune homme ambitieux et charmeur, qui vient de passer son doctorat sur les mutations génétiques et a le don de lire dans les pensées. Accompagné de sa « soeur », Raven (Jennifer Lawrence), il se fait engager par le gouvernement pour traquer un dangereux criminel du nom de Sebastian Shaw (Kevin Bacon, étonnamment trilingue!), qui fait équipe avec une mystérieuse femme qui a la capacité de se transformer en diamant. Lors d’une tentative pour appréhender Shaw, Charles rencontre Erik Lehnsherr (l’incroyable Michael Fassbender), un homme aux pouvoirs étonnants mais conduit par sa haine de Shaw pour ce qu’il lui a fait quand il était enfant, dans un camp de concentration d’Allemagne. Ensemble, ils décident d’apprendre à se surpasser afin de mettre fin à la terreur nucléaire promise par Shaw. Sur l’initiative de Charles, ils partent à la recherche d’autres mutants pour les entraîner et ainsi créer une équipe soudée de jeunes héros aux pouvoirs mutants incommensurables. Mais l’amitié entre les deux hommes ne parvient pas à calmer la soif de vengeance d’Erik envers les humains inférieurs.

J’avais peur. Après la débâcle de X-Men Origins: Wolverine et The Last Stand, l’insipide dernier volet de la saga  X-Men, j’avais très peur d’être à nouveau déçue par mes héros préférés. Et bien non! Tout d’abord parce que Bryan Singer, réalisateur des deux premiers films et fan inconditionnel du comic, était à nouveau aux commandes (à la production mais aussi à l’écriture). On retrouve donc l’humour des premiers volets qui manquait si cruellement dans The Last Stand, et un scénario qui, bien que basique, tient la route et surtout le spectateur: de l’action comme il en faut, des personnages intéressants et amusants, peu de temps morts ou de longueurs, une histoire bien ficelée – à quelques exceptions près, notamment sur la question de la paraplégie de Charles, où la logique n’est pas maintenue par rapport aux autres épisodes de la saga. Les fans du comic s’inquièteront aussi de voir l’apparition d’Alex Summers/Havok, frère de Cyclope en temps normal, mais qui ici devient son père. Quelques bémols qui n’enlèvent en rien le plaisir de voir ce film.

Du côté des acteurs, on a droit à un jeu excellent de la part des trois hommes principaux – excellent pour un film de cet acabit, on s’entend. Ils apportent à leur rôle une qualité bienvenue qui égale celle des prestations de Sir Ian McKellen et Sir Patrick Stewart dans les premiers films. Kevin Bacon fait d’ailleurs un mutant très intéressant et on notera aussi la scène où Charles entre dans la tête de Magneto pour l’aider à se calmer – Fassbender m’a beaucoup émue à ce moment-là. Les actrices, par contre, peinent à rendre leur personnage attirant: Emma Frost est aussi sexy qu’un bâtonnet glacé, Raven ressemble à une adolescente boulimique, Moira MacTaggert (l’agent du gouvernement) fait penser à petit chien perdu. Mais d’une manière générale, les personnages ont une bonne dynamique de groupe.

Côté effets spéciaux, je me suis délectée des transformations d’Emma Frost: l’effet diamant est sublime. La réalisation (et une partie du scénario) est signée Matthew Vaughn, à qui l’on doit le fabuleux Kick-Ass et le magique Stardust, autrement dit, on le remercie d’avoir pris les choses en main pour cet X-Men: le commencement, parce que moi, ça me rassure pour la suite – pour autant qu’il reste, ainsi que Bryan Singer!

X-Men: le commencement

par Matthew Vaughn

avec James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon, Jennifer Lawrence, January Jones, Rose Byrne, Nicholas Hoult

Distribution: Fox

Sortie: 01/06/11

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