Cheyenne (Sean Penn) est une star du rock à la retraite qui vit à Dublin, en Irlande, loin de sa famille juive new-yorkaise avec qui il a cessé de communiquer depuis 30 ans. Avec son style gothique façon Robert Smith de The Cure et sa vivacité digne d’Ozzy Osbourne, il traverse ce qui lui reste de vie en tirant un caddie à ses côtés. Ami de Mary (Eve Hewson, la fille de Bono des U2), une jeune gothique fan de sa musique dont le frère a disparu, et mari de Jane (Frances McDormand), qu’il fait jouir comme au premier jour malgré leur 35 ans de mariage, il partage son temps entre les après-midi au café du centre commercial de Dundrum, où il essaie de caser Mary avec un des serveurs, et ses visites au cimetière, sur la tombe des deux jeunes qui se sont suicidés à cause des paroles de ses chansons.

Déprimé, déboussolé et vagabond, Cheyenne se retrouve face à lui-même quand son père meurt et qu’il doit traverser l’Atlantique pour aller l’enterrer. Il apprend alors que ce dernier avait passé sa vie à pourchasser l’homme qui l’avait torturé dans les camps de concentration d’Auschwitz dans sa jeunesse. Cheyenne décide alors de retrouver le bourreau pour venger son père et s’aventure dans un voyage à travers les États-Unis, dans une voiture empruntée à un parfait inconnu, à la poursuite d’un nazi que personne ne connaît, dans une recherche de la vérité qui l’amènera à se découvrir lui-même et à pardonner à son père.

Ce petit bijou italo-franco-irlandais complètement schizophrène est absolument à voir si vous voulez être surpris en bien et avoir la banane tout le long du film. Plutôt contemplatif mais avec un rythme soutenu, il montre un côté de Dublin que peu de gens connaissent, et le road trip à travers les États-Unis offre des paysages et des scènes fantastiques, un peu retro et décidément philosophiques. Le jeu des acteurs est excellent – Sean Penn est incroyable et la jeune Eve Hewson démontre un talent pour le jeu qu’elle n’a pas à envier à son père. La mise en scène peut intriguer au départ: en effet, le fil conducteur n’est démêlé qu’à la moitié du film, la première partie étant surtout composée de saynètes peu reliées les unes aux autres et qui disparaissent une fois que l’intrigue principale se met en place. Mais arrivé au bout du voyage, on comprend mieux l’intérêt philosophique et psychologique de ces histoires sans queue ni tête du commencement. A voir pour la prestation de Judd Hirsch en traqueur de nazi peu orthodoxe, ainsi que et surtout pour la scène finale face au bourreau, époustouflante de beauté et de simplicité.

En bref, un excellent petit film pas mainstream pour 2 sous, mais avec une tête d’affiche et une quantité de qualités à faire pâlir les blockbusters!

 

This Must Be The Place

réalisé par Paolo Sorrentino

avec Sean Penn, Frances McDormand, Eve Hewson, Judd Hirsch

sortie le 24 août 2011

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