« Drive » nous raconte l’histoire d’un cascadeur hollywoodien à LA, qui découvre qu’on a mis un prix sur sa tête après qu’un cambriolage, dans lequel il était chauffeur, a mal tourné.

Depuis sa sortie à Cannes, on l’a souvent classifié comme un « exercice de style », terme que l’on joint fréquemment au négatif. C’est peut-être mieux d’appeler « Drive » un «exercice de style en formation». En considérant sa filmographie, le jeune réalisateur danois Nicolas Winding Refn, qui mérite parfaitement le prix cannois pour la mise en scène, fait un bilan des éléments positifs « découverts » avec ses films précédents. En effet, du premier « Pusher » (1996), le film hérite la simplicité apparente de la situation qui débordera ensuite ; de « Valhalla Rising » (2007), il hérite l’ambiguïté du personnage et sa condition marginale qui est témoignée par la position du protagoniste dans le cadre de l’image : usuellement immortalisé sur les bords extrêmes ; du mineur « Bronson » (2008), il prend la physionomie statuaire du héros, en l’opposant à une psychologie confuse et faible, et le jeu stylisé avec la musique.

Cependant, par rapport aux précédents, sur le plan photographique et sonore, le cinéaste opte justement pour une mise en scène plus simple et linéaire qui lui permet de se concentrer sur le « driver » (dont on ne connaîtra jamais le prénom) du talentueux Ryan Gosling. Refn fait le choix original d’entraîner l’anglaise Carey Mulligan, dans le rôle de co-protagoniste, qui, avec brio, souligne très bien la simplicité apparente. À ce but, on introduit précisément le thème du masque, désormais très discuté par le cinéma d’aujourd’hui, avec une séquence qui est partie d’un groupe de séquences, dont on laisse volontiers au spectateur d’en découvrir la finesse. « Drive » est un noir moderne, avec ses titres roses bien choisis, sa musique italo-disco et la veste du protagoniste, avec un scorpion d’argent sur le dos.

Le tout : très pop et ambigu qui veut être une référence directe à l’ambiguïté des valeurs de la société contemporaine.

Nicolas Winding Refn : un cinéaste sur lequel il faut avoir l’œil attentif.

À vous : bonne vision !

 

« Drive »

de Nicolas Winding Refn

avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Albert Brooks, Ron Perlman, Oscar Isaacs.

Ascot Elite

Sortie 12/10/11

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