En 2007, « Persepolis » de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud figurait parmi les meilleurs films de l’année, grâce à son style simple mais efficace et la rigueur de son analyse de la réalité iranienne (et européenne). Quatre ans plus tard, les mêmes réalisateurs font leur retour derrière la caméra avec « Poulet aux prunes », dont la sortie dans les salles a été précédée par un accueil plutôt froid à la dernière Mostra de Venise, où le film était en compétition (sans rien gagner, alors que « Persepolis » avait remporté le Prix du Jury à Cannes).

Comme pour leur premier film, les cinéastes ont choisi d’adapter une bande dessinée de Satrapi (« Poulet aux prunes », paru chez L’Association en 2004 et primé au Festival d’Angoulême en 2005), mais cette fois l’animation cède la place au mode live action. Nous sommes à Téhéran en 1958: depuis que sa femme (Maria de Medeiros) lui a cassé son violon, le grand musicien Nasser Ali Khan (Mathieu Amalric) a perdu toute envie de vivre et passe son temps au lit, en attendant la mort (sous la forme de l’ange Azraël, joué par Edouard Baer qui est également le narrateur du film). Alors que son heure approche, Nasser se souvient de différents détails de sa vie, notamment une histoire d’amour qui a influencé sa carrière…

Techniquement impeccable, magnifiquement joué (Amalric est incontournable comme toujours, mais la présence de Jamel Debbouze et Isabella Rossellini dans des rôles à la limite du minuscule est moins justifiable) et très drôle à certains moments, « Poulet aux prunes » est toutefois moins convaincant que « Persepolis ». Tandis que ce dernier avait une histoire forte qui s’entendait bien avec l’élégante simplicité de l’animation, cet opus ne peut pas vanter un contenu aussi puissant, au niveau intellectuel aussi bien qu’émotionnel. Peut-être qu’en abandonnant le dessin animé, quelque chose ait été perdue au passage. Un bon exercice de style, sans plus.

Poulet aux prunes

De Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud

Avec Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Edouard Baer, Isabella Rossellini, Jamel Debbouze

Distribution: Pathé

Sortie le 26/10/11

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