George Valentin (Jean Dujardin) est une célébrité du cinéma muet que rien ne semble pouvoir arrêter tant sa popularité est grande. C’est dans ce contexte, qu’il rencontre Peppy Miller (Bérénice Bejo), jeune actrice pétillante qui ne tarde à se faire remarquer. La relation entre les deux protagonistes, même si elle n’est pas avouée, devient de plus en plus intime et forte jusqu’à l’arrivée du parlant qui vient tout remettre en cause.

Le nouveau film de Michel Hazanavicius était attendu, en effet, ses deux derniers créations OSS 117 le Caire nid d’espions et OSS 117 Rio ne répond plus ont remportés un grand succès en France et en Suisse (ce qui est amplement mérité). Ces deux films singeaient  avec une grande intelligence les vieux films d’espionnage, alors que, cette fois-ci, le réalisateur prend le pari de pasticher le film muet et son effacement face au parlant. The artist réussit à égaler (et ce n’est pas rien !) ses deux prédécesseurs.

Le film est donc un hommage au cinéma muet des années 20. Le réalisateur ose nous présenter à l’heure de la 3D un film muet en noir et blanc avec pour tout son, la bande musicale.  Ces éléments pourraient faire naître des appréhensions chez certains, mais je ne saurai que les rassurer, le film est rythmé, attractif et jamais ennuyeux.  Les trouvailles jouant sur l’aspect muet du film  captivent et émerveillent (je me garde bien de vous les révéler, mais je vous garantis qu’elles en valent la peine).

L’histoire s’amuse à pervertir les codes du film muet, cependant elle préserve toute son authenticité. On passe par tout les états d’âme, du rire aux larmes en espérant toujours que cela ne soit pas la fin du film et que la lumière ne se rallume. La photographie est simplement magnifique et inventive servie à merveille par le noir et blanc.  Chaque plan est travaillé avec une minutie exceptionnelle.

Le casting est simplement magnifique, il recompose le duo Dujardin-Bejo déjà vu dans le meilleur des deux des OSS : Le Caire nid d’espions. Jean Dujardin rend sans doute la meilleure prestation d’acteur de sa carrière. Sa palette d’expressions est toujours aussi riche, mais le mutisme du film les rend encore plus voyante et plus juste. Cet acteur a le malheur de n’avoir pas  toujours su trouver des rôles qui lui convenait. Mais là, il met tout le monde d’accord : son prix d’interprétation masculine  à Cannes en est la preuve. Bérénice Bejo joue quant à elle avec une énergie et une assurance déconcertante, toutes ses attitudes sont positives et pétillantes et c’est un véritable bonheur de la regarder dans ce film.

Vous l’avez bien compris, The artist est un film extraordinaire, drôle et bien différent de la production actuelle. Quand on voit certains métrages en 3D avec d’énormes budgets absolument vide de sens et que l’on compare ces films avec The artist.  Même s’il est produit en France,  tourné en noir et blanc, et muet, ce film a tout : des acteurs, une bonne histoire, une esthétique parfaite, des émotions et quelque chose en plus.

The artist.

De : Michel Hazanavicius

Avec : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman

Distribution : Warner Bros.

Sortie en salle : 12 octobre 2011

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