« J. Edgar » ou John Edgar Hoover (1895-1972) est engagé en tant que directeur au « Bureau of Investigation » en 1924. Ensuite, en 1935, il contribue à la fondation du « Federal Bureau of Investigation », dont il est le premier directeur (1935-1972). En tant que leader du FBI, il élimine de fameux gangsters comme John Dillinger et George R. Kelly (alias « Machinegun Kelly »). Hoover, anti-communiste assidu, sympathise avec les idées du sénateur Joseph McCarthy et persécute les soupçonnés communistes ; dans le domaine cinématographique, le cas le plus célèbre est celui de Charles Chaplin. Par la fenêtre de son bureau, Hoover voit le passage de huit présidents : de Calvin Coolidge à Richard Nixon, en passant par Franklin D. Roosevelt et J. F. Kennedy.

Le résultat est un personnage aussi brillant dans son métier que controversé et discutable dans ses actes.

Et oui, « discutable ». C’est le fait de discuter qui intéresse le plus le désormais indiscutable « grand vieux » d’Hollywood, Clint Eastwood. En effet, le prolifique Eastwood, après « Hereafter », retombe « les pieds sur terre » dans l’histoire de l’Amérique pendant les années les plus bouillantes du XXe siècle. Eastwood fait retour sur les faits ambigus, comme c’était le cas dans « Changeling » (2008), qui sont bien représentatifs de la nature des actes des Etats-Unis afin de garder leur leadership globale. Il revient donc à ses personnages préférés : lumineux et obscurs à la fois – comme le confirme une toujours très bonne photographie de Tom Stern. Enfin, le grand vieux revient sur la cyclicité de l’existence (et de l’Histoire) – soutenue par un montage du grand collaborateur Joel Cox, assisté par Gary D. Roach – dans laquelle un vieux rêveur vulnérable, J. Edgar, meurt. Ainsi, par le personnage emblématique d’Hoover, tout en rappelant l’opération d’un certain Orson Welles dans « Citizen Kane » (1941), le républicain Eastwood construit un miroir critique dans lequel l’Amérique a toujours eu de la peine à se regarder.

De ce « J. Edgar », il ne faut pas s’attendre à la puissance expressive de « The Unforgiven » (1992) ou d’un « Gran Torino » (2008), mais il vaut la peine d’être vu.

Sont en particulier admirables les interprétations de DiCaprio, qui « robotise » précisément sa voix, et de Naomi Watts, femme américaine se consacrant entièrement à son travail.

 

« J. Edgar »

de Clint Eastwood

avec Leonardo DiCaprio, Armie Hammer, Naomi Watts, Judi Dench, Ed Westwick.

Warner Bros.

Sortie le 11/01/12

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