Superman, Flash Gordon, l’univers de « Star Wars » et « Avatar »: qu’ont-ils tous en commun? Le fait d’avoir été influencés, de manière plus ou moins explicite, par les romans de science-fiction écrits par Edgar Rice Burroughs (le créateur de Tarzan), auteur d’une série de livres ayant pour protagoniste John Carter, personnage auquel un autre écrivain de SF, Michael Crichton, s’inspira pour le nom du jeune héros de la série télévisée « Urgences ». Tel est l’impact culturel d’une œuvre incontournable qui de nos jours, hélas, a été un peu oubliée. Destin que le tant attendu long-métrage « John Carter » (dont le tout premier projet, sous forme de dessin animé, date des années 30), qui sort lorsqu’on fête le centenaire du livre qui l’a inspiré, devrait changer.

Qui est, donc, ce John Carter (joué par Taylor Kitsch, que nous avons vu dans la série « Friday Night Lights » ainsi que « Wolverine »)? Un soldat sudiste qui, ayant perdu sa femme et son enfant pendant la guerre de Sécession, n’a plus envie de combattre pour qui que ce soit. Tout cela va évidemment changer quand Carter se retrouve, suite à des événements étranges, sur la planète Mars (ou Barsoom, si on emploie le vocabulaire local). Capturé par des indigènes à la peau verte, les Tharkiens, le jeune homme découvre qu’il possède une force et une agilité qui vont au-delà des capacités humaines, grâce à la force gravitationnelle plus faible de Barsoom. Or, il devra utiliser ces pouvoirs pour aider les habitants de Helium, et notamment la belle princesse Dejah Thoris (Lynn Collins, elle aussi un visage connu de la télé américaine), face à la menace destructrice d’une cité ennemie dont les actions sont contrôlées par des êtres mystérieux et tout-puissants (y compris le nouveau méchant fixe des films hollywoodiens, Mark Strong).

Du déjà vu? Oui, mais cela n’est pas forcément un défaut, car « John Carter », contrairement à la plupart des blockbusters d’aujourd’hui, se présente avec une atmosphère plus rétro, qui fait penser à la trilogie originale de « Star Wars » (avec un petit bout du plus récent « Cowboys et envahisseurs » pour les scènes qui se déroulent aux États-Unis). Un divertissement, certes, mais sans oublier la solidité de l’histoire et le développement des personnages, qui ne sont jamais sacrifiés pour donner plus de place à l’action. En fait, le seul défaut qu’on peut reprocher au film, c’est de traiter les moments les plus spectaculaires avec peu d’originalité sur le plan esthétique, mais cela est peut-être dû à un certain manque d’expérience de la part du réalisateur Andrew Stanton, qui fait son début dans le cinéma live action après avoir signé deux joyaux de l’animation que sont « Le monde de Nemo » et « Wall-E » (il est tout à fait justifié de le rapprocher au collègue Brad Bird, autre homme Pixar qui est récemment passé à autre chose avec l’excellent quatrième épisode de « Mission: Impossible »).

Bref, un sacré bon film de genre qui devrait plaire à tous, des jeunes qui en ont marre de Michael Bay aux spectateurs plus âgés qui connaissent peut-être l’œuvre de Burroughs (qui apparaît d’ailleurs dans le film) et ont pu admirer les hommages qui lui ont été rendus par George Lucas et James Cameron. Le nouveau « Star Wars » (en termes de popularité et surtout de longévité) ? Ce pourrait bien être le cas.

John Carter

De Andrew Stanton

Avec Taylor Kitsch, Lynn Collins, Dominic West, Mark Strong, Samantha Morton, Bryan Cranston, Willem Dafoe

Distribution: Disney

Sortie le 07/03/12

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