« Le récit de fantômes le plus terrifiant de notre époque », nous promet la bande-annonce de ce film. Une description ambitieuse qui se justifie par le fait que le roman « The Woman in Black » de Susan Hill, publié en 1983, n’est pas seulement un excellent conte gothique, mais aussi à l’origine d’une pièce de théâtre à succès (qui est toujours mise en scène dans le West End de Londres, depuis 1987) et d’un film pour la télévision écrit par Nigel Kneale, le créateur du célèbre professeur Quatermass. Pour cette nouvelle adaptation, destinée au grand écran, le pedigree de l’équipe n’est pas moins admirable: produit par le légendaire studio Hammer, avec un scénario de Jane Goldman (« Kick-Ass » et « X-Men: Le commencement ») et, derrière la caméra, le réalisateur James Watkins, qui avait signé en 2008 le formidable « Eden Lake ».

Mais l’élément sur lequel se concentre le plus l’attention du spectateur est sans doute la présence de Daniel Radcliffe, dans son premier grand rôle après la fin de « Harry Potter ». Le jeune comédien joue, à cette occasion, Arthur Kipps, un avocat qui se voit envoyé dans le nord de l’Angleterre pour s’occuper de la vente d’une vieille maison suite à la mort de la propriétaire. Dès son arrivée, il est traité de manière peu agréable par les habitants du village, à l’exception de monsieur Daily (Ciaran Hinds) qui lui offre même un logement. Lorsqu’il commence son travail, Arthur découvre la raison de cette hostilité générale: la maison qu’il essaye de vendre, ainsi que le village entier, seraient hantés par une mystérieuse « dame en noir », dont l’apparition annonce la mort imminente d’un enfant. Et le fils d’Arthur est censé le rejoindre dans quelques jours…

Tenant compte du pedigree de la scénariste, on aurait pu s’imaginer un film à l’image de « Scream », qui fait peur tout en s’amusant à déconstruire et critiquer les aspects les plus importants de son genre, ou injectant en tous cas des moments d’humour (noir, bien entendu) comme chez Sam Raimi ou John Landis. Ce n’est pas le cas: « La dame en noir » est un film d’horreur pur, où toute tentative de légèreté est rejetée dès la première séquence, un chef-d’œuvre d’atmosphère et de tension presque insupportable. Trois ans après « Jusqu’en enfer » de Raimi, Watkins, qui n’avait pas hésité à mettre en images la brutalité absolue dans « Eden Lake », nous rappelle que le gore n’est pas du tout nécessaire pour effrayer le public: il suffit de créer un environnement de suspense qui rend impossible de se détendre pendant la plupart des 95 minutes du film.

Seule la fin, qui diffère de celle du livre, déçoit un peu dans son apparente conformité aux règles du cinéma américain (même s’il s’agit d’un film britannique), et la dame du titre – jouée, de manière étonnamment sinistre, par la belle et gentille Liz White de « Life on Mars » – est moins efficace comme source de terreur quand on la voit clairement et en gros plan, mais ce sont des détails mineurs dans ce qui reste effectivement un des films les plus terrifiants de nos jours. Et le pauvre Radcliffe, qui doit pratiquement assurer tout seul la réussite du côté humain de l’histoire? Pas de souci: l’ancien petit sorcier nous montre, sans hésitations, que sa carrière d’acteur est loin d’être finie.

La dame en noir (The Woman in Black)

De James Watkins

Avec Daniel Radcliffe, Ciaran Hinds, Janet McTeer, Liz White, Roger Allam

Distribution: Ascot Elite

Sortie le 14/03/12

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