L’auteur de ce texte avoue qu’il n’a pas vu le film dans son entier. Ce texte concerne ainsi la partie du film (3/4) que son auteur a suivi.

Après un effrayant regard caméra de la part du protagoniste Hall Baltimore (Val Kilmer), l’histoire de mystère commence… C’est à ce moment que Coppola se veut éclectique ; cependant, il semble échouer à son but. Si les cadrages de tout début suggèrent le contraire, après quelques minutes la mise en scène s’enfonce dans le pastiche de l’autocitation poussée et l’imitation, mauvaise, par d’autres collègues – notamment le David Lynch de la série « Twin Peaks » (1990-1991).

Pour Coppola on n’est plus dans les glorieuses années 1970 de « The Conversation » (1974) ou « Apocalypse Now » (1979) et ça se voit. Partant de sa nouvelle, oscillant entre E.A. Poe – que l’on retrouve d’ailleurs dans le film en tant que personnage central – et le Stephen King de « 1408 », le réalisateur du Parrain nous plonge dans un univers romantique-gothique, ennuyeux, déjà vu, produit d’un improbable mélange entre son mythique « Dementia 13 » (1963) et les « Twilight ». Ainsi, Coppola dessine l’usuelle Amérique des réactionnaires rustiques – l’image ridicule du vieux shérif devient emblématique à cet égard – et des révolutionnaires romantiques, aussi bizarres que cultivés – incarnés par le jeune motocycliste, rappelant Rusty James, jouant Baudelaire au clair de lune. Entre eux se situe l’outsider, l’auteur alcoolique – dont personne ne croit à ses histoires surnaturelles – qui après tout connaît les deux extrêmes et les mêle ensemble de façon à dégager l’usuel discours de l’incompris, un drame à propos de la nature du bien et du mal.

On aurait bien d’autres choses à souligner qui, dans cette partie, rendent le film négligeable. Toutefois, on s’arrête là tandis qu’une question surgit : peut-on se fier à un réalisateur qui semble avoir quitté le cinéma pour devenir un excellent producteur de merlot ?

C’est clair que le travail de metteur en scène n’est pas un boulot part-time…

 

« Twixt »

de Francis Ford Coppola

avec Val Kilmer, Elle Fanning, Ben Chaplin, Bruce Dern.

Pathé

Sortie le 11/04/12

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*