The Hobbit: An Unexpected Journey

 

“In a hole in the ground there lived a hobbit. Not a nasty, dirty, wet hole, filled with the ends of worms and an oozy smell, nor yet a dry, bare, sandy hole with nothing in it to sit down on or to eat: it was a hobbit-hole, and that means comfort.”

Ainsi commença le 21 septembre 1937, l’histoire de la Terre du Milieu et plus particulièrement celle d’un petit être au pied velu nommé Bilbo. Rédigé par J.R.R Tolkien dès les années 20, « The Hobbit, or There and Back Again » de son titre original, ne fût écrit que dans la simple optique de divertir son fils. Mais suite au bon flair des éditeurs, le livre deviendra vite la pierre fondatrice d’une des plus grande œuvre fantastique du siècle passé : « The Lord of the Rings ». 70 ans plus tard, un homme un peu fou se met en tête un projet, adapter la trilogie de l’anneau au cinéma. Fin 2003, Peter Jackson  concluait avec brio son pari, et repartait les bras chargé des précieuses figurines dorées de l’académie, avec un nouveau statut de réalisateur majeur de la scène hollywoodienne. Dès lors, il semblait légitime de penser qu’il se pencherait de plus près sur « The Hobbit », d’autant  qu’il avait déjà évoqué l’envie de s’en occuper depuis 1995 ! Mais en 2006, suite à un bisbille autour de royalties avec New Lines Production, c’est Guillermo del Toro qui est chargé de porter le livre à l’écran. Pourtant un an plus tard, c’est bel bien le réalisateur Néo-zélandais qui reprend son poste. Autant dire que ce Soap opera hollywoodien laissa un arrière goût amère aux fans de la première heure qui ne pressentirent rien de bon de ces jeux à huit-clos autour de ce qui devint presque une des grande arlésienne du cinéma contemporain.

 

Mais nous voilà pourtant bien le 12.12.12, date de sortie mondiale de la 1ère partie de la nouvelle trilogie consacré à  « The Hobbit » et signé Peter Jackson. Autant dire que l’excitation est bel bien présente quand la bobine se lance et s’apprête à vous jeter au visage près de 3 heures d’aventure haletante ! Dès les premières minutes, où l’on retrouve d’ailleurs furtivement Frodon (Elijah Wood) et le Bilbo historique (Ian Holm) sous une habile forme de mise en abîme, on est ébloui par le soucis du détail qui anime autant le gigantisme des halles d’Erebor, la cité naine abandonné suite à l’attaque du dragon « Smaug » et que nos héros cherchent à reconquérir, que le confort et la chaleur de « Bag End » résidence de Bilbo. Le travail artistique sur les décors des différents lieux traversés, qui est à mettre au crédit de John Howe et Alan Lee, grands illustrateurs du monde de Tolkien, est une des principale force du film. Des paysages enchanteurs de Rivendell, aux sombres crevasses des « Misty Mountain » habitant l’antre du roi gobelin, on s’ébahit devant le travail colossal accomplit par les équipes de Weta Digitals (Effets spéciaux) et Weta Workshop (Accessoires, costumes,  décors à l’échelle, …), qui savent comme nul autres donner de la cohérence à cette univers si particuliers. Ainsi, comme dans la précédente trilogie, la culture de chaque race est mise en avant au travers de codes esthétiques spécifique (les rondeurs, et l’omniprésence de la nature du style elfique), ou d’une forme d’art particulière (les armures orques fait de bric et de broc). Le tout étant toujours porté par l’incroyable partition de Ron Howard qui agrémente le voyage de versions légèrement modifiées des musiques déjà présentes dans « The Lord of the Ring », en y ajoutant notamment une partie cuivrée délicieusement épique comme leitmotiv de la compagnie naine, qui remplace le thème bien connu de « The Fellowship of the Ring ». Mais si l’on ne doutait pas que la direction serait de hautes volées, faut-il encore que l’action à l’écran puisse réellement nous transporter.

 

50 minutes. C’est le temps qu’il faut à Bilbo pour passer le porche de sa demeure et commencer son périple jusqu’aux confins de la Terre du Milieu. Une petite heure, où l’on ne fait que nous présenter les protagonistes et leur motivations. Ce qui poserai dans toutes autres grosses productions actuelles des problèmes évident de rythme, défile devant nous de façon évidente. Et l’on savoure la fidélité et la minutie de chaque scène, de l’interrogation de Gandalf quand Bilbo lui souhaite le « bonjour », aux chants des nains faisant la vaisselle sous l’air hagard du jeune hobbit. Mais si tout amateur du livre saura apprécier à sa juste valeur les références au texte original, le blockbuster en puissance de la fin d’année se devait de nous présenter de l’action, et un divertissement digne de se nom. L’attaque de Smaug sur Erebor, l’escarmouche bien sentie d’orques chevaucheurs de wargs, ou la fuite épique de la compagnie au travers des cavernes gobelines, voilà autant de scènes d’anthologies qui vous laisseront souvent bouche bée. A ce titre, c’est bien le combat gargantuesque entre les géants de pierre qui risque bien de faire date ! Bien évidemment comme pour « The Lord of the Rings », le film garde un certain aspect humoristique qui fait souvent mouche. La troupe de nains remplaçant simplement les binômes Gimli/Legolas et Merry/Pippin.

 

Enfin comment ne pas parler de l’excellente prestation de Martin Freeman. Aperçu auparavant en Dr Watson de la série britannique « Sherlock » (Benedict Cumberbatch, Sherlock Holmes, interprétera d’ailleurs la voix du dragon et celle d’un certain nécromancien dans les prochains films) il incarne ici parfaitement Bilbo Baggins. on retiendra particulièrement ses excellentes mimiques interrogatives ou surprises, qui le rende immédiatement sympathique. Le reste du casting n’a évidemment pas à démériter ; surtout quand on peut réunir Ian Mckellen, Christopher Lee, Cate Blanchett et Hugo Weaving dans une même scène ! Néanmoins si l’on adore les facéties de nos amis les nains, force est de constater que l’adaptation souffre du même soucis que l’œuvre originelle. La troupe est bien trop grande pour que l’on puisse s’attacher, ou même reconnaître, chaque personnages. On finira donc par se préoccuper que réellement de Bilbo, Gandalf et Thorin Oakenshield (Chef des nains qui souhaitent reconquérir le trésor d’Erebor). C’est dommage, puisque on peut difficilement oublier les 12 autres nains qui prennent littéralement de la place à l’écran. Mais il faut croire que c’était inévitable. Autres ombres au tableau, la surabondance d’effets spéciaux pourra rebuter certains. Si l’analogie facile avec les trilogies Star Wars, serait injuste, on ne peut qu’admettre que « The hobbit » repose plus qu’avant sur des décors en fonds vert parfois peu convaincants (même si c’est rare), qui 10 ans plus tôt aurait été tourné quelque part dans un des merveilleux paysages qu’a à offrir la Nouvelle-Zélande. La même constatation pouvant être faite au sujet des orques et autres gobelins, faits entièrement en images de synthèse, qui quant bien même sont extrêmement convaincantes, ne peuvent imiter la violence brute et réel d’un « All-Black » de 2m15 déguisé en Uruk-hai,  fonçant tête  baissé sur un Orlando Bloom en détresse…

 

« The Hobbit : An Unexpected Journey » est donc une adaptation dense et fidèle à l’œuvre de Tolkien, qui sait également prendre ses distances par rapport au texte pour introduire des intrigues quasiment inédites qui se développeront dans les suites à venir. Que l’on s’en souvienne pour sa durée, son action effrénée, ou encore son sens du fan service, « The Hobbit » est un film extrêmement  généreux, fait par une équipe passionnée et qui promet  une aventure tout à fait hors norme, ce jusqu’en 2014.

« The Hobbit : An Unexpected Journey »

De Peter Jackson

D’après une œuvre originale de John Ronald Reuel Tolkien

Avec Martin Freeman, Ian Mckellen, Richard Armitage, Ken Stott, Graham McTavish, Cate Blanchett, Hugo Weaving, Christoper Lee, Andy Serky.

Distribution : Warner Bros

 

Sortie en salle le 12 décembre 2012