The Hobbit

Attention au dragon ! Op. 2

Elfes, Nains, Hobbits et Orcs sont de retour, et avec eux leur lot d’action, d’humour, et même d’amour. Pour le deuxième volet de son adaptation de « Bilbo le Hobbit », Peter Jackson réutilise les meilleurs ingrédients de sa précédente trilogie. Ainsi, après un premier épisode en forme d’ouverture héroïque, le deuxième opus se veut plus sombre, sa fin beaucoup plus dramatique. On ne réveille pas un dragon sans conséquences. Que les âmes sensibles se rassurent, elles auront droit à leur moment de détente et d’émerveillement face à la créativité débordante de Legolas et Tauriel lorsqu’il s’agit de décapiter des Orcs.

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Il semble presque inutile de dire que tout est très bien rôdé dans ce deuxième opus, techniquement à l’image du premier. La 3D est bien travaillée et chaque plan en extérieur est une ode à la beauté de la Nouvelle-Zélande. Néanmoins, si le premier opus nous immergeait presque en permanence dans le cheminement de la compagnie des nains intrépides, le fil du récit s’étiole petit à petit dans ce deuxième verset, afin de suivre les aventures de héros secondaires. Par ce phénomène d’alternance, où l’histoire évolue sur différents fronts en parallèle, le récit tend à gagner en longueurs parfois ennuyeuses, nous rappelant les écueils de ce genre d’adaptation, ainsi que les interminables « fin de film » de la trilogie du « Seigneur des anneaux ».

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Pour ce qui est de la fidélité du film au récit de Tolkien, les puristes s’offusqueront sans doute de voir que le scénario prend de plus en plus de liberté vis-à-vis du livre, quitte à faire apparaître des personnages qui n’ont pas lieu d’être. Néanmoins, cela contribue à renforcer les liens avec la trilogie du Seigneur des anneaux, à l’inscrire dans une certaine continuité, ce que Tolkien n’avait malheureusement pas pu faire. Ainsi, le film gagne en grandiloquence, quitte à perdre le charme propre au livre qui nous présentait une petite aventure sans prétentions, très entrainante et dépourvue de toute l’emphase caractéristique du style de Tolkien dans ses ouvrages ultérieurs.

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Enfin, on déplorera la partition d’Howard Shore. Trop souvent il se contente d’une « musique de fond ». Alors qu’il avait brillé par ses leitmotivs prolifiques lors de la trilogie du seigneur des anneaux, on ne retrouve ici que trop peu de matériel musical intéressant. Heureusement les images sont belles et le niveau sonore des dialogues bien au-dessus de celui de la musique. Si l’on veut passer un bon moment, mieux vaut se contenter d’être entraîné dans l’aventure avec Bilbo sans trop tendre l’oreille, ni trop comparer le film avec l’histoire que l’on a sans aucun doute adoré lire durant sa jeunesse.

Sortie : 11 Décembre 2013

Gaspard Vignon