Joshua, âgé de 17 ans, est accueilli par sa grand-mère après avoir vu sa mère mourir d’overdose. Les oncles du garçon, qui vivent avec elle ou fréquentent la maison, font partie d’un gang de criminels qui est mis sous pression par la police. Quand la guerre entre ce gang et la police éclate, Joshua est pris entre deux feux, avec d’un côté les forces de l’ordre qui lui offrent une protection en échange d’un témoignage, et de l’autre ses familiers violents qui vont décider de l’éliminer.

Le lien avec The Town de Ben Affleck, sorti aux États-Unis en 2010 aussi et où l’on raconte aussi l’histoire d’un gang de criminels braqué par la police, est dans le cas de ce film inévitable. Cependant ces deux films, même si plutôt proches dans les thèmes, divergent quasi totalement pour ce qui concerne le type de narration cinématographique.

Si dans The Town, qui reste un film tout à fait appréciable, on a des criminels représentés de façon héroïque et romantique, dans Animal Kingdom les membres du gang ont des caractéristiques qui les font ressembler plus à des êtres humains qu’à des super-héros. On n’a pas dans ce film de longues et rocambolesques courses-poursuites en voiture, ni de fusillades à coups de mitraillettes. Les criminels meurent d’un simple coup de pistolet dans le dos pendant qu’ils s’enfuient pieds nus dans les prés, ou bien en entrant dans leur voiture après avoir fini leurs courses, loin de faire face à la police la tête bien haute pour maintenir leur soi-disant honneur. La police même perd de l’héroïsme qui lui était en partie réservé dans le film d’Affleck: elle n’a pas besoin d’attendre que le criminel lève son arme ou même de vérifier qu’il soit armé pour pouvoir l’éliminer en toute froideur.

C’est cette froideur, cette absence de romantisme, cette désillusion, qui font en sorte que Animal Kingdom soit à mon avis au dessus de The Town, surtout pour son grand réalisme.

 

Animal Kingdom

De David Michôd

Avec James Frecheville, Guy Pearce, Joel Edgerton, Jacki Weaver

Sortie le 06/07/2011