Une mauvaise copie de « Transformers ». Un film inspiré du jeu de la bataille navale. Un navet notable surtout pour le début derrière la caméra de la chanteuse Rihanna. Voilà les trois choses qu’on a pu lire le plus souvent, ces derniers mois, au sujet de « Battleship », la superproduction Universal (dont on fête cette année le centenaire, comme l’indique le nouveau logo) et Hasbro qui a en effet l’air, d’après les bandes-annonces, de vouloir imiter la formule à succès de la trilogie de Michael Bay: gros budget, extra-terrestres, explosions, attention minimale (pour ne pas dire inexistante) au développement du scénario. Si on prend toujours Bay comme référence, on pourrait dire que « Battleship » est un mélange de « Transformers » et « Pearl Harbor ». Mais attention: cela ne veut pas dire que le film est mauvais.

Pourquoi « Pearl Harbor »? Parce que l’action se situe dans le Pacifique, près de Hawaï, où des troupes militaires de tout le monde sont impliqués dans des exercices de combat. L’intrigue du film concerne notamment les deux frères Hopper: Stone (Alexander Skarsgard) est le soldat modèle, tandis qu’Alex (Taylor Kitsch, que nous venons de voir dans « John Carter ») pense surtout à comment demander au commandant (Liam Neeson) la main de sa fille (Brooklyn Decker). Et pourquoi « Transformers »? Parce que tout d’un coup les exercices sont interrompus par des vaisseaux extra-terrestres qui menacent de détruire la planète entière. Et le seul espoir de l’humanité, c’est un petit groupe de soldats…

Rien de nouveau, ce qui n’est pas étonnant pour un produit pareil. Pourtant, contrairement à des films tels que le troisième volet de « Transformers » ou l’agaçant « Battle: Los Angeles », « Battleship » se laisse regarder avec plaisir. La raison, c’est une bonne dose d’humour que le réalisateur Peter Berg (qui nous avait déjà donné le sympathique « Hancock » il y a quatre ans) injecte dès le début, avec un hommage musical à « La panthère rose » qui nous dit clairement comment prendre le film: pas trop sérieusement. C’est pour ça que le côté extrêmement patriotique de l’histoire est moins gênant que d’habitude (en fait, il devient presque touchant vers la fin), et que les tournures les plus ridicules du scénario sont assumées avec un grand sourire. Même quand Rihanna doit nous faire croire qu’elle pourrait avoir une carrière dans l’armée.

En plus, restant du côté purement spectaculaire, « Battleship » est un succès immense, et ça sans l’ajout de la 3D. Il est même possible de dire que, face à certaines séquences tournées par Berg, le pauvre Michael Bay risque de passer pour un minimaliste. On lui conseille donc de prendre beaucoup de notes, s’il veut que « Transformers 4 » soit au même niveau…

Battleship

De Peter Berg

Avec Taylor Kitsch, Alexander Skarsgard, Brooklyn Decker, Rihanna, Liam Neeson

Distribution: Universal

Sortie le 11/04/12