Grâce à l’Oscar du film étranger de l’année passée, décerné à « Dans ses yeux », le cinéma argentin a fait de nouveau parler de lui. Ce succès plutôt inattendu est probablement la justification principale de la sortie suisse de « Carancho », une autre histoire sombre qui veut nous montrer un côté inhabituel de son pays d’origine. La comparaison avec « Dans ses yeux » devient encore plus explicite lorsqu’on voit le nom de l’acteur principal: Ricardo Darin, qui détenait le rôle de l’investigateur/romancier dans le film de Juan José Campanella.

Cette fois, il joue un personnage plus ambigu et, d’une certaine manière, moins sympathique. Il s’agît de Sosa, un « carancho », à savoir quelqu’un qui gagne sa vie avec des doubles arnaques: lorsqu’il y a des accidents de voiture, c’est à lui de frauder les victimes ainsi que les assurances. Un soir son « boulot » le mène à faire la connaissance de Lujan (Martina Gusman), une infirmière des urgences. Leur rapport se transforme rapidement en amitié et, par la suite, en véritable relation amoureuse, mais que se passera-t-il quand elle découvrira le secret de Sosa?

Le récit, très traditionnel, est mis en scène de façon urgente et réaliste pour peindre ce portrait très noir d’une Argentine marquée par la mort (d’après le générique du début, 8000 personnes meurent chaque année suite à des accidents sur la route). Hélas, bien que le réalisateur Pablo Trapero connaisse bien son métier (la preuve: des plans-séquences tout à fait admirables), il n’arrive pas à transmettre de vraies émotions, en raison d’une intrigue sentimentale assez ennuyeuse qui finit par dominer la plupart du film. Inutile de le préciser, Darin est toujours magnifique, mais est-ce que cela est suffisant? J’en doute fortement.

Carancho

De Pablo Trapero

Avec Ricardo Darin, Martina Gusman, Carlos Weber

Distribution: Xenix

Sortie le 16/02/11