Prémisse : Cet article est dédié aux frères Taviani, au staff de la Cinémathèque Suisse, et à tous ceux qui ont eu le courage de contempler le soleil sans lunettes et de ne pas penser, pour une fois sincèrement, au profit matériel de cette opération.

« Cesare deve morire », petit mais admirablement ambitieux, raconte l’histoire d’un groupe de (vrais) détenus du rayon haute sécurité de la prison de Rebibbia (Rome), montant la fameuse pièce de Shakespeare « Jules César ».

Tout d’abord, « Cesare deve morire » n’est pas un film sur la prison et la « société »  qui se crée dans ses murs : c’est un film sur l’Art. Art, car dans son état le plus pur, c’est-à-dire libre de toute question liée au « business » qui le caractérise – en tout cas de nos jours. À cet égard, il est important de remarquer comment le film se focalise presque entièrement autour de la spontanéité des moments de répétition.

Avec leur style limpide et honnête, qui met en avant des hommes à la fois prisonniers et libres de toute contrainte sociale, Paolo et Vittorio Taviani vont bien au-delà. À l’aide d’une excellente photo de Simone Zampagni, ils arrivent à toucher le barycentre, là où les tensions les plus contradictoires se croisent, là où la pureté de l’Art se révèle dans toute sa splendeur. C’est exactement cela que symbolise la dernière réplique du film dite par le prisonnier Cosimo Rega, jouant Cassius, dans sa cellule : « Depuis ma découverte de l’art, cette cellule est devenue une véritable prison. »

En profitant de sa sortie en DVD, à voir et, surtout, revoir. Ours d’or au Festival de Berlin 2012.

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« Cesare deve morire » (César doit mourir)

de Paolo et Vittorio Taviani

avec Cosimo Rega, Salvatore Striano, Giovanni Arcuri, Juan Dario Bonetti.

Cinémathèque Suisse

Sortie le 17/04/13