En ce qui concerne les sorties en salle en Suisse romande, le mois d’octobre peut tranquillement se dire appartenir à Ryan Gosling, acteur canadien de 31 ans qui s’est silencieusement imposé, depuis une dizaine d’années, comme un des plus grands jeunes talents du cinéma américain.

Après une enfance et une adolescence marquée par des programmes Disney et des séries télé pour un jeune public (notamment « Young Hercules »), il se fait vraiment remarquer pour la première fois en 2001 dans « The Believer »: il y incarne le rôle très difficile et très puissant de Danny Balint, un skinhead dont les propos antisémites sont particulièrement choquants en raison de ses origines juives. Ensuite, il se concède des incartades avec le cinéma plus mainstream, qu’il s’agisse de « N’oublie jamais » de Nick Cassavetes ou « La faille » de Gregory Hoblit, tout en restant un visage-clé des productions indépendantes, notamment le très beau « Half Nelson », qui passe en compétition à Locarno en 2006 et lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur l’année suivante.

Il y a quelques semaines, on a pu le voir en version playboy dans le très drôle « Crazy, Stupid, Love », où il met en évidence un talent comique rarement exploité par les cinéastes. Mais c’est avec les deux films qui sortent ce mois qu’il va laisser une véritable marque dans le cinéma de qualité produit en 2011: le 12 octobre, on a finalement droit à la sortie officielle de « Drive », le chef-d’œuvre poétique et sanglant qui a déjà séduit les critiques et les cinéphiles lors des derniers festivals de Cannes (prix pour la mise en scène) et Locarno (dans la prestigieuse Piazza Grande). A cette occasion, Gosling joue ce qui pourrait bien être le rôle de sa vie, un cascadeur qui est aussi chauffeur pour différents voyous. Un personnage laconique et implacable, qui transpose le « Man with No Name » de Clint Eastwood dans une Los Angeles moderne.

Et puis, le 26, autre rendez-vous incontournable: il s’agit du nouveau long-métrage de (et avec) George Clooney, « Les marches du pouvoir » (« The Ides of March »), applaudi à la dernière Mostra de Venise, où il était en compétition. On parle là de la campagne électorale d’un homme charmant et intelligent (normal, c’est Clooney), qui se fait aider par un groupe de personnes motivées et fiables, dont Gosling qui découvre, pourtant, des détails qu’il vaudrait mieux ne jamais divulguer. Le film est un excellent thriller politique à la Pakula, et le jeune canadien prouve ici qu’il a tout ce qu’il faut pour tenir tête à une vedette telle que l’ancien docteur de « Urgences ». Chapeau.