Dans une société futuriste, une élite décadente et pervertie sélectionne 1 jeune homme et 1 jeune femme entre 12 et 18 ans par district  pour participer aux « hunger games ». Il a 12 districts et par conséquent 24 participants  qui doivent se battre à mort lors d’un show télévisé retransmis partout en Amérique, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul survivant. Dans le 12ème district, la jeune Katnis Everdeen se porte volontaire pour éviter à sa sœur cadette une mort quasi-certaine lors du 74ème hunger games.

 

Voilà une affiche qui semblait pour le moins prometteuse. En effet, le film est adapté de 3 romans éponymes d’héroïc fantasy. Qui plus est l’histoire rappelle quelque peu battle royal, voilà qui permettait de nourrir un bon espoir, même si le spectre du fiasco d’Eragon reste dans la mémoire des fans d’Héroïc fantasy. Je mentionne également la grosse campagne marketing (et gros budget tout court : 78 millions) autour de la sortie d’Hunger games qui a sans doute influé sur mes attentes et qui a contribué à mon immense déception.

 

Premièrement, les mouvements de caméra au début du film (pendant les séquences dans le districts 12) provoquent des maux de tête tant ils sont brusques et agaçants. Peut-être le réalisateur souhaitait-il exprimer quelque chose, mais force est d’admettre qu’il se plante –à mon sens- complètement. On observe aussi des incohérences hallucinantes tout au long du film. Pendant la compétition, il y a 10 caméras au mètre carré (je n’exagère pas) sur plusieurs hectares. On peut également matérialiser des chiens réels à partir de programmes informatiques, mais les organisateurs du jeu ne peuvent par contre pas censurer les images alors qu’ils risquent une révolution. Je précise que je suis un fervent lecteur d’héroïc fantasy et que je ne condamne pas la fantaisie dans le film, mais le manque de cohérence qui empêche d’entrer pleinement dans l’histoire. Je n’ai pas apprécié les procédés forçant le spectateur à ressentir une émotion artificielle. La musique, dont la qualité me semble bonne en générale, transpire la mièvrerie dans certains plans (en avant les violons !). J’ai trouvé le film un peu long par moments ce qui traduit un rythme pas toujours optimal.

Pour finir,  je n’aime pas (et c’est un euphémisme) le compromis auquel le film s’astreint. On traite du thème de la violence, mais on décide de ne pas vraiment la montrer (contrairement à Battle royal qui avec la même histoire bascule dans la violence gratuite et dans le gore, mais qui assume jusqu’au bout son choix). Hunger games possède un potentiel énorme, en effet, il confronte ses protagonistes à des dilemmes cornéliens, il les place face à des questions éthiques fortes et douloureuses, mais n’a jamais le courage d’aller jusqu’au bout. Tous les problèmes sont résolus de façon simple et inintéressante ce qui m’a énormément frustré.  L’absence totale de remise en question des personnages d’un point de vue éthique à la fin de l’histoire clôt en apothéose la couardise profonde que le film développe. Hunger games, malgré un potentiel énorme passe à côté des réels problèmes et constituent au final un banal divertissement (mou et passe-partout à souhait).

 

Je dois tout de même admettre que j’ai trouvé les acteurs plutôt bons, spécialement Woody Harrelson. J’ai apprécié les plans avant le début du jeu que j’ai trouvé étonnamment frais et intelligents. Les effets spéciaux produisent une forte impression sur le spectateur et les costumes sont aussi extrêmement beaux (même si je ne comprends pas cette idée d’habiller en rose les membres d’une dictature, mais bon…).

De : Gary Ross

 

Avec : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Stanley Tucci, Donald Sutherland.

 

Sortie en salle : 21 mars 2012

 

Distribution :Rialto Films.