Après le jouissif Kick-ass et l’excellent reboot X-men : first class, le nouveau petit bijou de Matthew Vaugh Kingsman s’apprête à sortir dans les salles.

Eggsy, jeune sujet de sa majesté, tente de s’évader de sa vie médiocre (sa mère s’est sort avec un alcoolique invétéré après le décès de son père). Fort heureusement, un homme apparaît dans la vie d’Eggsy et lui propose le plus naturellement du monde de devenir agent secret (ah oui, son père en était un aussi).

kingsmen1Le so british Colin Firth dans le rôle d’Harry Hart, un agent meurtrier, mais distingué

UK VS USA

Kingsman, en plus d’être très agréable à regarder, propose un combat, une lutte incessante entre les valeurs de l’Angleterre et celles des Etats-Unis. Comme nous le savons, ces deux pays restent avant tout des alliés, il s’agit donc en quelque sorte d’un combat « amicale », mais pas moins acharné pour autant. Le film oscille toujours entre le flegme britannique, le soupçon d’humour noir et l’efficacité américaine et ses représentations stéréotypées. Ce conflit est personnalisé par les deux figures centrales du film. D’un côté, on trouve l’agent Harry Hart (Colin Firth), anglais jusqu’au bout des boutons de manchettes sachant manier le parapluie comme une arme de destruction massive. De l’autre, Richmond Valentine (Samuel L. Jackson), milliardaire complètement barré, américain de par son phrasé simpliste et son apparence vestimentaire franchement loufoque. Ainsi, le réalisateur crée un film hybride mêlant flegme anglais à une violence ultra-débridée que l’on peut rattacher au cinéma américain. Cependant, le personnage d’Harry montre à lui seul toute l’ambiguïté de Kingsman. Toujours bien habillé, très réservé et membre d’une société secrète qui base sa politique sur la discrétion, Harry Hart peut également déchaîné une violence et mettre une sacrée dérouillée à des jeunes de banlieues sans que cela n’apparaisse à aucun moment comme une nécessité. De façon surprenante, la réussite du film tient en grande partie à cette opposition de style. En bref, ça reste très (très) efficace, mais avec classe!

kingVS Richmond Valentine, un milliardaire américain diablement sympathique

James Bond melancholia

Reprenant toutes les vieilles recettes qui ont fait le succès de James Bond à ses débuts, le réalisateur met en place un monde parallèle à celui de l’agent 007. L’agence se trouve dans un sous-sol d’un magasin de costards. Chaque agent possède une panoplie de gadgets qui leur sont remis par Merlin, sorte de Q moderne. En effet, les personnages portent des noms tirés de la légende arthurienne (un hommage de plus à la culture britannique). Jet privé, sauts en parachute, filatures se succèdent à un rythme endiablé et rappelle tant les plus vieux 007, par l’humour résolument anglais, que les nouveaux, par une réalisation quasi épileptique de certaines scènes d’action. Il s’agit assurément d’une belle alchimie !

kingsman_recruitsoRien de mieux qu’un peu de concurrence pour choisir le meilleur Kingsman. 

Une suite ?

Tout comme Kick-ass, on peut s’attendre à une suite ; sans doute sans Matthew Vaugh. On peut imaginer que le second film (s’il venait à exister) n’arrivera pas à la cheville du premier, car ce qui rend les films de Vaugh si jouissifs, c’est bien l’originalité avec laquelle il prend à contre-pied les codes hollywoodiens.

Un film simplement réussi qui a le mérite de nous laisser un grand sourire au sortir de la salle.