Deuxième long métrage de Michelangelo Frammartino, Le quattro volte se déroule dans les montagnes calabraises et décrit à travers quatre épisodes liés entre eux le cycle de la vie dans cette région rurale d’Italie. Le premier épisode suit les dernières heures de vie d’un vieux chevrier. En suite, dans les trois parties suivantes, le « flux vital » passe à travers les différents états de la matière, en décrivant un cycle.

Très poétique, ce film offre une vision du monde intéressante et plutôt novatrice par rapport au cinéma habituel. Le réalisateur nous montre une réalité où l’homme n’est pas au centre de tout mais est uniquement une étape dans le cycle de la vie et qui donne même dignité aux autres règnes (animal, végétal et minéral) par rapport à la dimension humaine. À partir de la deuxième partie en effet, l’être humain ne devient qu’un personnage secondaire et ce sont les autres éléments qui prennent le dessus, qui « vivent leur vie ». Autre aspect intéressant, la description de la quotidienneté dans ces lieux hors du monde, où tout ou presque est resté comme il y a cent ans et où la vie est encore profondément liée aux traditions, aux croyances et à la religion.

Certainement pas indiqué aux passionnés d’action, avec ses prises de vue longues et statiques, ce film est à voir armé d’une bonne dose de patience pour pouvoir l’apprécier.

Le quattro volte

de Michelangelo Frammartino

avec Giuseppe Fuda, Bruno Timpano, Nazareno Timpano

Pathé

Sortie le 12/01/11