– Superhéros 2.0 –
Terre, 1999 : à peine remis du décès tragique de sa mère, le très jeune Peter Quill est enlevé par des extraterrestres. Vingt ans plus tard ce dernier a gardé pour seul souvenir de son ancienne vie son walkman et sa cassette « awesome mix Vol.1 ». On assiste aux aventures de ce petit bandit culotté qui vont conduire à la constitution de l’improbable équipe des « Gardiens de la Galaxie ».

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Le filon des superhéros exploité toujours plus intensément par Hollywood prend ici une tournure plus surréaliste voire franchement drôle. Fini les tribulations sentimentales et la construction des grandes figures de proue de l’héroïsme américain (Batman et Superman pour ne pas les nommer), on prend tout autant de plaisir, si ce n’est plus, à assister aux aventures d’une équipe de bras cassés aux confins de la galaxie. L’adaptation paraît se conformer bien plus aux codes narratifs du comics qu’aux exigences scénaristiques Hollywoodiennes, même si elle n’oublie pas de faire la part des choses. Il est néanmoins extrêmement jouissif de voir des héros qui n’ont pas peur de faire de l’humour à tous les coins de rue, d’assumer leur côté looser, voire d’improviser une petite danse pour distraire le plus grand méchant de la galaxie au moment où un raton-laveur complexé s’apprête à lui mettre une raclée. Il en résulte une fable joliment surréaliste qui touche à l’universel non pas par des prétentions métaphyisico-philisophiques dont peuvent nous gratifier certains monuments de la science-fiction, mais bien plutôt par l’humanité de ses héros. On enchaine ainsi avec émotion des moments de drôlerie absurde et des séquences pleines de poésie, aidé par la beauté des images et la musique, évidemment. Il faut bien avouer que l’aspect visuel est très soigné, et très réussi. Aucun plan n’a été laissé au hasard, tout est beau et bien fait, les séquences d’action sont toujours très lisibles et jamais trop exagérée, de quoi rendre ces aventures vraiment passionnantes.

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Afin d’expliquer quelque peu comment le film parvient à jongler si efficacement entre le sérieux et l’absurde, on se tournera vers la musique qui, à l’instar du héros Peter Quill, jongle entre les styles. Tantôt sérieuse, tantôt décalé, issue de cette compilation de tubes pop que se trimbale le héros aux quatre coins de la galaxie, la musique permet de matérialiser efficacement deux niveau de narrations. Comme son héros le film est sérieux, mais sait ne pas se prendre au sérieux, pour le plus grand plaisir du spectateur. Il en résulte des scènes véritablement plaisantes qui viennent efficacement aérer ce récit parfois dense en rebondissements.

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Bref, mieux vaut apprécier la science-fiction plutôt que les super-héros tourmentés si l’on veut vibrer avec « Les gardiens de la galaxie », il n’empêche que le film est formidablement réussi et peut prétendre à conquérir n’importe quel cinéphile, pour peu qu’il n’ait pas peur de se laisser entrainer par la magie du tout puissant cinéma américain.

Réalisateur : James Gunn

Sortie : 13 Aout 2014

Gaspard Vignon