Cela faisait plus ou moins quatre ans qu’on n’avait pas entendu le nom de Neil Burger, réalisateur dont on avait assez admiré « L’illusionniste » (aucun lien avec le film d’animation de Chomet). En réalité, il a tourné un autre film, « The Lucky Ones », en 2008, mais celui-ci n’a eu qu’une distribution assez limitée (et souvent directement en DVD) en Europe. Si son quatrième long-métrage, « Limitless », n’a pas subi le même sort, l’explication est due non seulement au succès commercial remporté aux USA, où il est sorti il y a presque trois mois, mais surtout au visage qu’on voit sur l’affiche: grâce à « L’agence tous risques » et « Very Bad Trip » (dont le deuxième volet vient tout juste d’apparaître), Bradley Cooper est désormais suffisamment connu pour tenir tout seul le rôle principal dans une grosse production hollywoodienne.

Mais est-ce que cela suffit pour garantir la qualité du film en question? Bien sûr que non, et c’est bien dommage, puisque « Limitless » contient une prémisse digne de Philip K. Dick: la création d’une drogue – mais dans la VO on joue sur l’ambiguïté du mot drug, qui peut aussi vouloir dire « médicament » –  qui permet aux personnes d’utiliser leur cerveau à 100%, en élaborant toutes les informations accumulées au fil des années. Lorsque Eddie Morra (Cooper), un écrivain en manque d’inspiration et récemment largué par sa copine (Abbie Cornish), devient accro à cette nouvelle substance, il devient un autre homme, dont les nombreuses réussites professionnelles et personnelles lui procurent de nouveaux amis, mais aussi plein d’adversaires…

Si sur le plan scénaristique le résultat est plutôt positif, malgré l’inexpérience de Leslie Dixon dans le domaine de la science-fiction et du thriller (ses travaux les plus récents sont « Les femmes de ses rêves » des frères Farrelly et le remake de « Hairspray ») et l’inclusion d’une scène qui, sans trop révéler, serait plus pertinente dans une histoire de vampires, c’est l’aspect purement visuel qui déçoit: Burger, qui était capable de faire quelque chose de nouveau avec l’Autriche du XIX siècle dans « L’illusionniste », n’arrive pas à faire la même chose avec le New York d’un futur proche, récemment employé comme un vrai personnage dans « L’agence » de George Nolfi. Au contraire, l’ambiance n’ajoute pas grand-chose à l’intrigue, qui pourrait avoir lieu n’importe où, et en ce qui concerne les éléments SF, à savoir des « trips » bizarres du protagoniste, on a déjà vu ça assez souvent.

En gros, un film assez prévisible et en partie ennuyeux, quoique Cooper possède le charme nécessaire pour devenir une bonne vedette hollywoodienne. Quant à Robert De Niro, qui a un petit rôle pas entièrement développé, on peut constater que, même s’il joue un peu en mode « automatique », c’est plus réussi que dans « Mon beau-père et nous ».

 

Limitless

De Neil Burger

Avec Bradley Cooper, Abbie Cornish, Robert De Niro, Anna Friel

Distribution: Ascot Elite

Sortie le 08/06/11