– Le cinéma de tous les fantasmes –

Tandis qu’un éminent professeur – Morgan Freeman , évidemment – nous explique les implications surnaturelles d’une utilisation plus poussée des capacités cérébrales de l’Homme, la jeune Lucy – Scarlett Johanson – devient, malgré elle, capable de dépasser le standard des 10% d’utilisation. S’en suivent alors 90 minutes de « chargement », où l’on observe le pourcentage progresser. Serons-nous les témoins de la première femme à utiliser 100% de ses capacités cérébrales ?

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Nul doute que Luc Besson s’apprête à frapper un grand coup, à revenir très fort parmi les grandes puissances cinématographiques. Le film est intensément réussi, parfois novateur, intrigant. Cependant, à l’inverse des capacités cérébrale de l’héroïne, plus le film avance, et plus il semble perdre en qualités. La première moitié du film est incroyablement bien conçue et le montage – dans la droite ligne des films de Danny Boyle – donne une sacré pêche aux débuts des aventures de Lucy. Puis, notre héroïne devient une super-héroïne et l’on prend un tournant plus poétique, mais alors que cette dernière touche gentiment à 100% et, fatalement, au sens de la vie, le film paraît retomber à plat, petit à petit, dans une espèce de soupe métaphysico-hollywoodienne, Morgan Freeman devenant le seul à comprendre ce qui se passe – alors qu’il continue à utiliser uniquement 10% de son cerveau ! C’est peut-être là le seul défaut du film, sa fin, qui nous oblige à remettre les pieds sur terre. Peut-être parce durant une bonne partie de ces 90 minutes, on avait réussi à oublier que ce n’était « que » du cinéma.

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Cherchons alors les manques qui nous empêchent de planer jusqu’au bout. En premier lieu, il faut reconnaître à Luc Besson une visée honorable, mais certainement trop ambitieuse, du moins dans sa volonté de rendre tout explicite au spectateur, et d’enterrer toute la poésie de son récit sous les strates d’explication de l’éminent professeur Freeman. En second lieu, si la bande-son et la musique sont dans un premier temps très réussis, force est de constater que l’univers musical développé par Eric Serra n’est pas à la hauteur de la fin voulue par Luc Besson. On jubile d’abord de voir Scarlett Johansson massacrer des Yakuza sur Mozart, pour la voir ensuite voyager dans le temps sur quelques grincement de violons lambda et le film se conclut de manière aussi plate et vide que sa musique. Et oui, cela reste du cinéma et Luc Besson aurait mieux fait de miser sur la poésie du discours audiovisuel plutôt que sur la philosophie et la science pour justifier son délire cinématographique. En repensant aux explications du professeurs une fois sorti de la salle de cinéma, on a bel et bien l’impression de n’avoir utilisé 10% de ses capacités cérébrales pour pouvoir adhérer à un tel discours.

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Il n’empêche que Luc Besson nous rappelle qu’il sait faire du cinéma et qu’il veut montrer à l’industrie Hollywoodienne qu’elle n’a pas le monopole du fantasme. Entre le glamour mystérieux de Lucy, les scène d’action et de castagne à la pelle, les courses poursuite en voiture à couper le souffle et plus ou moins toutes les barrière du possibles repoussées en 90 minutes, le film place très haut la barre du fantasme cinématographique.

Déjà dans toutes les salles de Suisse et du monde …

Gaspard Vignon

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