Petit détail technique : Marius et Fanny sont deux films distincts contrairement à ce que montrait l’unique bande annonce regroupant des extraits des deux métrages. La « trilogie marseillaise », qui s’achèvera avec le film César, dont la date de sortie n’est pas encore connue, raconte une histoire unique segmentée en trois métrages avec un grand souci de continuité. En effet, le deuxième film commence par la scène de clôture du premier et l’on peut s’attendre un rapprochement similaire entre le deuxième et le troisième opus.

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Daniel Auteuil réalise, après La fille du Puisatier (que je n’ai malheureusement pas vu), les deux premiers volets de sa « trilogie marseillaise » inspirée de l’œuvre de Marcel Pagnol comprenant les films Marius, Fanny et César. L’intrigue s’étalant sur trois films se déroule dans la Marseille mythique du début du siècle. L’histoire retrace les amours de Fanny (Victoire Belezy) une jeune femme de basse extraction et Marius (Raphaël Personnaz) un fils de tenant de troquet. Pourtant, malgré un synopsis qui a été revu des centaines de fois dans l’histoire du cinéma (dont la plus belle relecture est sans nul doute Les parapluies de Cherbourg), l’histoire ne sombre que rarement dans le  banal et le « pathos ». L’intrigue s’articule autour du quotidien et des liens d’amitiés de la petite communauté marseillaise, comme l’avait décrit avec génie Marcel Pagnol.

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Ainsi, les deux films devaient affronter des difficultés majeures : faire honneur à l’héritage de Marcel Pagnol, sans pour autant tomber dans le ridicule avec personnages caricaturaux s’exprimant avec un accent du Sud trop prononcé. Force est d’admettre que le réalisateur Daniel Auteuil s’en sort avec un talent certain. La sobriété de mise en scène, le choix judicieux des acteurs, et surtout une réécriture personnelle du monde de Pagnol font de ces deux films des œuvres gorgées de soleil, de bonne humeur et de nostalgie.

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La performance des acteurs contribuent beaucoup à ce succès. En effet, la jeune et gracieuse Victoire Belezy crève l’écran avec ses magnifiques yeux bruns, mais aussi (et surtout) avec un jeu très fluide et agréable. Daniel Auteuil met tout son génie pour interpréter César, un bistrotier bourru, grande gueule et terriblement sympathique. L’ensemble du casting mérite des félicitations chaleureuses, tant on se croit l’espace de deux films dans la cité phocéenne au milieu des ragots, des passions et bien évidemment des drames. Une mention spéciale à Jean-Pierre Darroussin, qui interprète avec une grande humanité le commerçant Panisse et qui ferait presque oublier Fernand Charpin dans le même rôle dans les films des années 30.

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Pour conclure, Marius et Fanny constituent des œuvres très personnelles de Daniel Auteuil, malgré un grand respect des films originaux. Plus que des relectures, il s’agit d’un rajeunissement, d’une redécouverte de l’univers de Pagnol. Il y a fort à parier que la trilogie marseillaise réjouira aussi bien les néophytes que les puristes. Les films originaux resteront la référence, pourtant il faut absolument saluer l’initiative de Daniel Auteuil qui poussera sans doute les plus anciens à voir Pagnol différemment et les plus jeunes à découvrir son univers. Dans les deux cas, cela vaut cent fois la peine !

 

Réalisateur : Daniel Auteuil

Acteurs : Raphaël Personnaz, Victoire Belezy, Jean-Pierre Darroussin, etc…

Sortie en salle : 10 juillet 2013

Distribution : Pathé films