Quel drôle de destin, celui du titre d’un film: laissant de côté les mauvaises traductions dans d’autres pays (France et Italie notamment), il y a des films dont le titre change d’un moment à l’autre dans leur pays d’origine, souvent après des projections préliminaires où l’on demande l’avis du public. Cette modification est souvent due à des préoccupations commerciales (certains titres n’ayant pas l’air très attirant), et c’est pourquoi le film « Bachir Lazhar » de Philippe Falardeau sort en salle avec le titre « Monsieur Lazhar », tout en ayant remporté, avec le titre original intact, le Prix du Public au dernier Festival de Locarno (le premier pas dans un parcours qui pourrait s’achever – on le saura le matin du 27 février – avec l’Oscar du meilleur film étranger).

Entièrement tourné au Canada, le film – qui s’inspire d’une pièce de théâtre – raconte le rapport très particulier qui s’instaure entre des élèves d’un collège de Montréal et leur nouvel enseignant, Bachir Lazhar (Fellag), dont le travail n’est pas rendu facile puisqu’il remplace une prof qui s’est suicidée à l’intérieur de l’établissement scolaire. Alors que la fin de l’année approche, le nouveau professeur doit aussi faire face à des problèmes juridiques concernant son statut de réfugié, puisqu’il serait venu depuis l’Algérie suite à des menaces de mort.

Mêlant de manière fascinante réalisme social et fable, « Monsieur Lazhar » est un film très tendre et poétique, qui fait rire, pleurer et réfléchir. Il lui manque peut-être la complexité socio-politique du sublime « Entre les murs », mais le but de Falardeau est très différent de celui de Laurent Cantet: l’important n’est pas tant la classe (même si les élèves ont un rôle important) mais le professeur, ce personnage étrange et charismatique qui semble être arrivé de nulle part. Un peu comme le film, capable de surprendre et émouvoir à tous les coups.

Monsieur Lazhar

De Philippe Falardeau

Avec Fellag

Distribution: Agora Films

Sortie le 08/02/12