Ceux qui étaient au Festival de Locarno en 2009 se souviennent sans doute de Pippo Delbono, artiste italien très original auquel le Festival rendait hommage avec la projection de l’ensemble de ses œuvres cinématographiques, notamment le documentaire « La paura » (événement spécial de la compétition), entièrement tourné avec un téléphone portable et consacré à ce qui ne marche pas en Italie de nos jours. Aujourd’hui, la Cinémathèque offre à son public la possibilité de (re)découvrir la filmographie intégrale – sauf « Io sono l’amore », sorti tout récemment en salle, où Delbono incarne le mari de Tilda Swinton – de ce cinéaste tout à fait particulier du 2 au 7 février.

Homme de théâtre et cinéma, Pippo Delbono construit des projets dans lesquels les deux arts se mélangent et se transforment constamment, y ajoutant des éléments autobiographiques. C’est le cas de « Guerra », documentaire issu d’un voyage en Israël et Palestine à l’occasion d’une tournée théâtrale. Ou encore de « Grido », où le réalisateur raconte sa rencontre avec Bobo, homme sourd-muet qui, après avoir passé quarante-cinq ans dans un hôpital psychiatrique, est désormais un membre à plein temps de l’équipe de Delbono. Il met en scène son pays avec un regard très critique mais aussi avec de l’humour, élément qui revient, souvent teinté de noir, dans des projets atypiques comme le court-métrage « Blue Sofa », histoire de deux frères et une sœur (russes, bien entendu) qui passent leurs journées à attendre l’arrivée de la mort.

Bref, une sélection de films à ne pas rater, surtout en raison du fait que le cinéaste lui-même sera présent pour la plupart des séances du 4 au 6 février. En particulier, le dimanche soir sera consacré à un « work in progress », une œuvre inédite et inachevée dont il va partager les fragments avec les spectateurs. Peut-être que la soirée même finira par jouer un rôle dans ce nouveau projet. A découvrir prochainement.