Voilà que, deux mois après « Women without Men », un autre film sur la situation de la femme en Iran sort dans nos salles, après avoir cartonné dans la compétition d’un festival majeur (dans ce cas, la dernière Berlinale). Et si j’avoue que je ne partage pas complètement le Lion d’Argent que « Women without Men » avait obtenu à Venise en 2009, je dois admettre que les trois prix gagnés par « A Separation », à savoir l’Ours d’or et les deux Ours d’Argent pour l’ensemble des interprétations masculines et féminines, rendent justice à un très bon film qui n’est certes pas un chef-d’œuvre, mais toutefois un récit puissant et d’actualité.

Nader (Peyman Moaadi) et Simin (Leila Hatami) sont un couple en pleine phase de rupture: elle veut partir à l’étranger avec leur fille, lui dit ne pas pouvoir le faire parce qu’il doit s’occuper de son père, atteint de la maladie d’Alzheimer. Le résultat: Simin, même sans avoir eu le divorce, quitte son mari et s’installe dans un appartement. Nader engage donc une femme de ménage (Sareh Bayat) pour l’aider à la maison, mais ce choix aura des conséquences néfastes pour toute la famille.

Le metteur en scène Ashgar Farhadi (déjà primé à Berlin en 2009 pour « About Elly ») a un regard moins « féministe » que la Shirin Neshat de « Women without Men » et se concentre moins sur le message politique de son œuvre, préférant raconter une histoire humaine avec de vraies personnes au centre des événements. Une réussite, puisque « A Separation », tourné la caméra à la main et toujours concentré sur le visage des acteurs, est un portrait réaliste et émouvant de la vie de couple de nos jours, qui se retrouve mise à nu sans symbolismes inutiles ou scènes moralisantes (juste la première séquence a un peu l’air d’un sketch télévisé sur le divorce). Bref, un film important, qu’il ne faut pas rater.

Une séparation (A Separation)

De Ashgar Fahradi

Avec Peyman Moaadi, Leila Hatami, Sareh Bayat

Distribution: Trigon

Sortie le 08/06/11