Paul Girard (Jean-Luc Couchard) maire apprécié de Delémont s’enlise dans son projet politique d’un TGV s’arrêtant dans le Jura. Son parti va jusqu’à lui tourner le dos, ce qui force à trouver une nouvelle idée. C’est alors qu’il entend parler de l’annulation d’un concours de Miss Chine à Bali. Il décide alors avec son ami fabricant de montre (Xiaoxing Cheng) d’inviter les miss dans son canton afin de regagner de la popularité. Seulement, les produits du terroir, les franches montagnes et la caserne régionale sont loin d’avoir l’aspect glamour et luxueux que Paul avait promis aux organisateurs.

win win 5Win win est une comédie suisse dont le budget avoisine les 5 millions de francs, ce qui nécessite des efforts colossaux de la part du réalisateur et de son équipe pour réunir les fonds. En effet, une somme pareille rebute dans notre pays alors qu’il fait presque office de pourboire d’une superproduction américaine. Cette recherche de financement trouve un écho direct dans le film où le maire Girard doit convaincre suisse tourisme de soutenir l’événement à hauteur de 2 millions de francs.

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Le casting ne regroupe pas de têtes d’affiches françaises, mais mélange plusieurs acteurs suisses, belges et français qui soit débutent au cinéma, soit n’ont pas encore un nom prestigieux. Cependant, on assiste également à plusieurs apparitions particulièrement rigolotes comme celles de Jean-Luc Bideau, de Darius Rochebin ou encore de Christian Darbellay. Le secteur des humoristes n’est lui non plus pas en reste, on retrouve Frédéric Recrosio et Barbezat (sans Cuche) dans des petits rôles savoureux.

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Le tournage a principalement été effectué sur territoire helvétique, même si certaines scènes se passent dans la ville de Shangai. L’aspect comique du film vient bien de la confrontation des beautés chinoises et des braves Suisses. On rigole parfois franchement, mais je me permets de m’interroger sur la possible non-compréhension du film par un public étranger. En effet, les références au système politique, à la géographie ou encore à l’esprit suisse risquent de ne pas être compris. En outre, on note une certaine similitudes avec Bienvenue chez les ch’tis dans le contraste entre les suisses paysans au grand cœur et la sophistication des chinoises. Espérons que Win win rencontrera un succès similaire.

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Win win, malgré quelques approximations notamment avec l’acteur principal (qui, néanmoins, devient vite attachant) et quelques faiblesses scénaristiques, nous réjouit et montre que la Suisse peut produire des films avec des budgets conséquents. On rit franchement et tout comme les Jurassiens, nos cœurs de glaces fondent comme neige au soleil devant la beauté et la candeur des miss chinoises. En bref, même si l’histoire est cousue de fil rouge, on prend un grand plaisir à voir les protagonistes se débattre afin d’imposer leurs idées. Au diable les mauvaises langues qui diront que l’histoire est facile et suisso-centrée, pour une fois que le cinéma suisse nous fait rire. Il serait bête de s’en priver…

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Réalisateur : Claudio Tonetti

Acteurs : Jean-Luc Couchard, Frédéric Recrosio, Jean-Luc Bideau, etc….

Sortie en salle : 1er mai 2013

Distributeur : Frenetic films AG